Droits de succession des enfants lorsqu'un parent décède et que l'autre est en vie


Lorsque votre père ou votre mère décède et que l'autre parent est toujours en vie, deux questions se posent : que reçoivent les enfants, et combien de droits de succession paient-ils ? La réponse dépend de la relation entre vos parents et de la région où le parent décédé a vécu en dernier lieu.
Un régime distinct appelé "part de l'enfant survivant" n'existe pas en droit belge. Il n'y a pas de priorité pour l'aîné, pas de statut spécial pour l'enfant qui habite la maison familiale et pas de report des droits de succession sur dix ou quinze ans à un taux d'intérêt réduit. Voici ce qui existe réellement.
Qui hérite de quoi lorsqu'un parent décède ?
Le droit successoral civil est fédéral et donc identique dans toute la Belgique. Ce que reçoit le parent survivant dépend de la forme de vie commune choisie par vos parents : mariage, cohabitation légale ou cohabitation de fait. Pour des parents mariés, le régime matrimonial joue aussi sur ce que reçoit le survivant.
Parents mariés
Sans testament ni contrat de mariage qui prévoit autre chose, le conjoint survivant hérite de l'usufruit de toute la succession. Les enfants héritent de la nue-propriété. Selon notaire.be, cela signifie que votre père ou votre mère peut continuer à habiter la maison, la louer et en percevoir les loyers, et touche les intérêts des comptes. Vous êtes déjà propriétaire en tant qu'enfant, mais vous ne pouvez utiliser les biens qu'au décès du parent survivant. À ce moment, votre nue-propriété devient automatiquement pleine propriété.
Le conjoint survivant dispose en outre d'une réserve, un minimum qu'un testament ne peut pas lui retirer : l'usufruit de la moitié de la succession, comprenant en tout cas l'usufruit du logement familial et des meubles qui le garnissent. À l'inverse, un testament peut aussi donner davantage au conjoint, à condition de respecter la part réservée aux enfants.
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Comparer les agents →Parents cohabitants légaux
Si vos parents avaient fait une déclaration de cohabitation légale à la commune, le survivant hérite de l'usufruit du logement familial et des meubles qui le garnissent. Les enfants en reçoivent la nue-propriété, et tous les autres biens (épargne, placements, seconde résidence) en pleine propriété. Un cohabitant légal n'a pas de réserve : un testament peut réduire ou étendre ce droit successoral.
Parents cohabitants de fait
Si vos parents vivaient simplement ensemble sans déclaration, le survivant n'hérite de rien, sauf testament en sa faveur. Sans testament, les enfants héritent de toute la succession en pleine propriété. Si vos parents possédaient la maison ensemble, seule la part du parent décédé fait partie de la succession.
La part réservée aux enfants
Les enfants ont toujours droit ensemble à au moins la moitié de la succession, quel que soit leur nombre. Avec un enfant, c'est la moitié ; avec deux enfants, un quart chacun ; avec trois enfants, un sixième chacun. C'est ce qu'explique la page de notaire.be sur les héritiers réservataires.
Quelle région fixe les droits de succession ?
Ni l'endroit où se trouve la maison, ni votre propre domicile. Ce qui compte, c'est le dernier domicile fiscal du parent décédé : la région où il ou elle a habité le plus longtemps au cours des cinq années précédant le décès. Les droits sont calculés par héritier sur la part nette, après déduction des dettes et des frais funéraires.
Que paie le parent survivant ?
Chaque région prévoit une exonération sur le logement familial pour le parent survivant, mais à des conditions différentes.
- Flandre : pas d'impôt successoral sur la part nette dans le logement familial, la résidence principale où les partenaires vivaient ensemble au moment du décès. Cela vaut pour les époux, les cohabitants légaux et les cohabitants de fait ayant vécu ensemble au moins 3 ans. Pour les décès à partir du 1er janvier 2026, les premiers 75.000 € de biens meubles du partenaire sont en outre exonérés.
- Bruxelles : le conjoint ou cohabitant légal ne paie pas de droits de succession sur sa part nette dans l'habitation qui servait de logement familial au moment du décès.
- Wallonie : le conjoint ou cohabitant légal bénéficie d'une exonération totale sur sa part nette dans une habitation située en Wallonie qui était la résidence principale du défunt depuis au moins cinq ans.
Que paient les enfants ?
Lorsque les enfants reçoivent la nue-propriété et le parent survivant l'usufruit, ces deux droits reçoivent chacun une valeur dans la déclaration de succession. C'est le notaire qui fait cette conversion. Les taux ci-dessous s'appliquent à la valeur qui vous revient en tant qu'enfant. Si les enfants héritent en pleine propriété, comme avec des parents cohabitants de fait, le calcul est plus simple.
Flandre
- 3 % jusqu'à 50.000 €, 9 % de 50.000 € à 250.000 € et 27 % au-delà. La part mobilière et la part immobilière sont taxées chacune sur un barème séparé.
- Crédit d'impôt : si votre part nette ne dépasse pas 50.000 €, l'impôt diminue de 500 € moins un centième de votre part.
- Les enfants de moins de 21 ans bénéficient d'une réduction de 75 € par année complète restant jusqu'à leurs 21 ans. Le parent survivant reçoit la moitié de la réduction dont bénéficient ensemble les enfants communs.
Le gouvernement flamand a annoncé une réforme de l'impôt successoral, mais selon vlaanderen.be rien n'est encore décidé. Les taux actuels restent d'application.
Bruxelles
| Part nette | Taux |
|---|---|
| jusqu'à 50.000 € | 3 % |
| de 50.000 € à 100.000 € | 8 % |
| de 100.000 € à 175.000 € | 9 % |
| de 175.000 € à 250.000 € | 18 % |
| de 250.000 € à 500.000 € | 24 % |
| au-delà de 500.000 € | 30 % |
Les premiers 15.000 € sont exonérés, plus 2.500 € par année complète jusqu'à 21 ans pour un enfant du défunt. Pour une part en pleine propriété de l'habitation où le défunt avait sa résidence principale depuis au moins cinq ans, un taux réduit existe jusqu'à 250.000 €. Votre notaire vérifie s'il s'applique à votre situation.
Wallonie
| Part nette | Taux |
|---|---|
| jusqu'à 12.500 € | 3 % |
| de 12.500 € à 25.000 € | 4 % |
| de 25.000 € à 50.000 € | 5 % |
| de 50.000 € à 100.000 € | 7 % |
| de 100.000 € à 150.000 € | 10 % |
| de 150.000 € à 200.000 € | 14 % |
| de 200.000 € à 250.000 € | 18 % |
| de 250.000 € à 500.000 € | 24 % |
| au-delà de 500.000 € | 30 % |
Les premiers 12.500 € sont exonérés, plus 12.500 € supplémentaires si la part nette ne dépasse pas 125.000 €. Les enfants de moins de 21 ans reçoivent 2.500 € de plus par année complète jusqu'à leurs 21 ans. En Wallonie aussi, un taux réduit s'applique sous conditions à la part des enfants dans le logement familial. À Bruxelles et en Wallonie, le conjoint ou cohabitant légal survivant reçoit la moitié des abattements supplémentaires des enfants communs.
Vous trouverez une explication détaillée avec d'autres exemples dans les droits de succession pour un enfant en Belgique.
Deux exemples chiffrés pour un décès en 2026
Dans les deux exemples, les parents étaient cohabitants de fait et il n'y a pas de testament. Les enfants héritent donc de tout en pleine propriété et le parent survivant ne reçoit rien. La succession ne comprend pas de logement familial, de sorte que les exonérations et taux réduits liés au logement ne jouent pas.
Exemple 1 : deux enfants majeurs
La mère laisse 300.000 € nets : un appartement loué de 200.000 € et 100.000 € d'épargne. Chaque enfant hérite de 150.000 €, dont 100.000 € d'immobilier et 50.000 € de biens meubles.
| Région | Calcul par enfant | Par enfant |
|---|---|---|
| Flandre | Immeuble : 50.000 € x 3 % = 1.500 € et 50.000 € x 9 % = 4.500 €. Meubles : 50.000 € x 3 % = 1.500 €. | 7.500 € |
| Bruxelles | 15.000 € exonérés. 35.000 € x 3 % = 1.050 €, 50.000 € x 8 % = 4.000 €, 50.000 € x 9 % = 4.500 €. | 9.550 € |
| Wallonie | 12.500 € exonérés (part supérieure à 125.000 €). 12.500 € x 4 % = 500 €, 25.000 € x 5 % = 1.250 €, 50.000 € x 7 % = 3.500 €, 50.000 € x 10 % = 5.000 €. | 10.250 € |
Exemple 2 : un enfant de 12 ans
Le père laisse 60.000 € nets d'épargne à son enfant unique, âgé de 12 ans et 4 mois. Il reste 8 années complètes jusqu'à 21 ans.
| Région | Calcul | À payer |
|---|---|---|
| Flandre | 50.000 € x 3 % = 1.500 € et 10.000 € x 9 % = 900 €, soit 2.400 €. Pas de crédit d'impôt (part supérieure à 50.000 €). Réduction 8 x 75 € = 600 €. | 1.800 € |
| Bruxelles | Exonéré : 15.000 € + 8 x 2.500 € = 35.000 €. 15.000 € x 3 % = 450 € et 10.000 € x 8 % = 800 €. | 1.250 € |
| Wallonie | Exonéré : 25.000 € (part ne dépassant pas 125.000 €) + 8 x 2.500 € = 45.000 €. 5.000 € x 5 % = 250 € et 10.000 € x 7 % = 700 €. | 950 € |
Garder, vendre ou racheter la maison
Convertir l'usufruit. Le conjoint survivant comme les enfants peuvent demander la conversion de l'usufruit. Les enfants deviennent alors pleins propriétaires et le survivant reçoit une somme d'argent ou une rente. Pour le logement familial et les meubles qui le garnissent, ce n'est jamais possible sans l'accord du conjoint survivant. La valeur de l'usufruit dépend de l'espérance de vie ; si les parties ne s'entendent pas, le juge tranche sur la base de tables de conversion. Si, en Flandre, le conjoint survivant rachète au contraire la nue-propriété des enfants pour devenir plein propriétaire, le droit de partage flamand est dû.
Racheter la part d'un frère ou d'une sœur. Si des enfants héritent ensemble d'une habitation en pleine propriété et que l'un reprend la part des autres, un droit de partage est dû. Il dépend de l'endroit où se trouve le bien : 2,5 % en Flandre, 1 % à Bruxelles et en Wallonie. S'il ne reste ensuite qu'un seul propriétaire, il est calculé sur la valeur de toute l'habitation. Si, dans l'exemple 1, un enfant reprend entièrement l'appartement de 200.000 €, cela fait 5.000 € s'il est situé en Flandre et 2.000 € s'il est situé à Bruxelles ou en Wallonie.
Vendre. Un nu-propriétaire peut vendre sa nue-propriété, mais l'usufruit du survivant continue alors de grever le bien. Pour vendre l'habitation dans son ensemble, le parent survivant et les enfants doivent donc collaborer. Lisez aussi si la mère peut vendre la maison après le décès du père et si tous les héritiers doivent signer la vente.
Les droits de succession comme le droit de partage sont calculés sur la valeur de l'habitation, et en Flandre la valeur retenue pour le droit de partage ne peut pas être inférieure à la valeur vénale. Connaître un prix réaliste aide donc pour chaque choix. Vous pouvez demander une estimation gratuite de l'habitation.
Que faire maintenant ?
Vérifiez si vos parents étaient mariés, cohabitants légaux ou cohabitants de fait, s'il existe un testament ou un contrat de mariage, et dans quelle région le parent décédé a vécu en dernier lieu. Vous saurez ainsi qui hérite de quoi et quels taux s'appliquent. Le montant exact des droits, avec la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété, est calculé par le notaire lors de la déclaration de succession.
Questions fréquentes
Existe-t-il une part spéciale de l'enfant survivant en Belgique ?
Non. Il n'existe pas de régime distinct avec priorité pour l'aîné ou report des droits de succession sur dix ou quinze ans. Ce qu'héritent les enfants découle du droit successoral ordinaire, et les droits de succession des règles de la région où le parent décédé a vécu en dernier lieu.
Qu'héritent les enfants lorsque leur père ou leur mère marié décède ?
Sans testament ni contrat de mariage qui prévoit autre chose, le conjoint survivant hérite de l'usufruit de toute la succession et les enfants de la nue-propriété. Au décès du survivant, cette nue-propriété devient automatiquement pleine propriété.
Et si mes parents n'étaient pas mariés ?
S'ils étaient cohabitants légaux, le survivant hérite de l'usufruit du logement familial et des meubles qui le garnissent, et les enfants du reste en pleine propriété. S'ils étaient cohabitants de fait, le survivant n'hérite de rien sans testament et les enfants héritent de tout en pleine propriété.
Combien de droits de succession un enfant paie-t-il sur la nue-propriété ?
L'usufruit et la nue-propriété reçoivent chacun une valeur dans la déclaration de succession. C'est le notaire qui fait cette conversion. Les taux ordinaires pour les enfants de la région s'appliquent à la valeur qui revient à l'enfant.
Le parent survivant paie-t-il des droits sur le logement familial ?
En Flandre, non pour les époux, les cohabitants légaux et les cohabitants de fait ayant vécu ensemble au moins 3 ans. À Bruxelles, non pour le conjoint ou cohabitant légal. En Wallonie, non pour le conjoint ou cohabitant légal si l'habitation est située en Wallonie et était la résidence principale du défunt depuis au moins cinq ans.
Combien paient deux enfants majeurs qui héritent chacun de 150.000 € ?
Pour un décès en 2026, avec par enfant 100.000 € d'immobilier et 50.000 € de biens meubles et sans logement familial : 7.500 € par enfant en Flandre, 9.550 € à Bruxelles et 10.250 € en Wallonie.
Les enfants peuvent-ils obliger le parent survivant à quitter le logement familial ?
Non. Les enfants et le survivant peuvent demander la conversion de l'usufruit, mais pour le logement familial et les meubles qui le garnissent, ce n'est jamais possible sans l'accord du conjoint survivant.
Combien coûte le rachat de la part d'un frère ou d'une sœur ?
Un droit de partage est dû : 2,5 % si l'habitation est située en Flandre, 1 % à Bruxelles et en Wallonie. S'il ne reste qu'un propriétaire, le taux s'applique à la valeur de toute l'habitation. Pour une habitation de 200.000 €, cela fait 5.000 € en Flandre et 2.000 € à Bruxelles ou en Wallonie.

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